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Thèse d'Irène Girard
Résumé de la thèse.

 

 

"Dynamique des populations et expansion géographique du bouquetin des Alpes (Capra ibex ibex, L.) dans le Parc national de la Vanoise "

Résumé

Le bouquetin des Alpes est un ongulé sauvage dont les populations se caractérisent par un taux d'accroissement variable au cours du temps ainsi qu'une lenteur à coloniser de nouveaux habitats. La présence de cet animal au sein du Parc national de la Vanoise, initialement créé pour permettre sa sauvegarde, ainsi que la nécessité de mieux connaître le fonctionnement des populations pour l'élaboration de mesures appropriées de gestion, ont conduit à la mise en place de programmes de suivi démographique et spatial des populations vivant dans cet espace protégé.

Des mécanismes de limitation naturelle des effectifs ont été mis en évidence à travers une diminution du taux de multiplication des populations dont les effectifs sont proches de la capacité d'accueil du milieu. Parmi les paramètres démographiques pouvant affecter la cinétique des populations, nos résultats ont montré :

- une variation du taux de reproduction des femelles : les populations réintroduites ou en voie de colonisation naturelle ont montré des taux de reproduction voisins de 1, tandis que celles proches de la saturation étaient caractérisées par des taux voi-sins de 0,5 voire inférieurs.
- un âge de primiparité des femelles retardé au sein des noyaux de populations les plus anciens (3-4 ans contre 2 ans dans les noyaux plus jeunes).

La diminution des activités reproductrices associée à une forte stabilité du taux de survie des adultes semblent conduire à un allongement de la durée de génération avec l'ancienneté des populations.

Outre les paramètres démographiques, le fonctionnement des populations est lié aux modalités d'utilisation du milieu. L'observation d'individus marqués a permis de souligner :

- des tendances générales d'utilisation de l'habitat similaires pour tous les animaux, quels que soient la saison et le site (pentes moyennes à fortes, orientées vers le sud/sud-ouest). Cependant, des variations plus discrètes apparaissent entre mâles et femelles ainsi qu'au cours des saisons (importance des fluctuations thermi-ques).
- une occupation de l'espace variable selon les individus (distances, directions de migration et taille des quartiers) ainsi qu'une fidélité spatiale des adultes, tandis que les animaux les plus jeunes (en particulier des mâles de moins de 5 ans) montrent une plus grande instabilité.
- l'existence de mouvements de migration allers-retours entre la population d'origine et le site à coloniser, pouvant expliquer la lenteur des processus de colonisation. Ces déplacements semblent plutôt le fait d'individus mâles, qui précèderaient l'arrivée des femelles à l'origine de l'implantation pérenne de la nouvelle population.

 


 

L'organisation sociale influe également sur la répartition spatiale des individus. La localisation des animaux sur un quartier particulier apparaît liée au type de groupe fréquenté, variable selon leur sexe et leur âge. Par contre, l'intensité des relations interindividuelles apparaît généralement faible et la constitution des groupes pourrait être basée sur des exigences similaires vis-à-vis de la structure de l'habitat.

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