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Résumé
Le bouquetin des Alpes est un
ongulé sauvage dont les populations se caractérisent par
un taux d'accroissement variable au cours
du temps ainsi qu'une lenteur
à coloniser de nouveaux habitats.
La présence de cet animal au sein du Parc national
de la Vanoise, initialement créé pour permettre sa sauvegarde, ainsi
que la nécessité de mieux connaître le fonctionnement des populations
pour l'élaboration de mesures appropriées de gestion, ont conduit
à la mise en place de programmes
de suivi démographique et spatial des populations vivant
dans cet espace protégé.
Des
mécanismes de limitation naturelle des
effectifs ont été mis en évidence à travers
une diminution du taux de multiplication des populations dont les
effectifs sont proches de la capacité d'accueil du milieu. Parmi
les paramètres démographiques pouvant affecter la cinétique des
populations, nos résultats ont montré :
- une variation du taux de reproduction des
femelles : les populations réintroduites ou en voie de colonisation
naturelle ont montré des taux de reproduction voisins de 1, tandis
que celles proches de la saturation étaient caractérisées par des
taux voi-sins de 0,5 voire inférieurs.
- un âge de primiparité des femelles retardé au sein des noyaux
de populations les plus anciens (3-4 ans contre 2 ans dans les noyaux
plus jeunes).
La diminution des activités
reproductrices associée à une forte stabilité du taux de survie
des adultes semblent conduire à un
allongement de la durée de génération
avec
l'ancienneté des populations.
Outre les paramètres démographiques, le
fonctionnement des populations est lié
aux modalités d'utilisation du milieu.
L'observation
d'individus marqués a permis de souligner :
- des tendances générales d'utilisation
de l'habitat similaires pour tous les animaux, quels que soient
la saison et le site (pentes moyennes à fortes, orientées vers le
sud/sud-ouest). Cependant, des variations plus discrètes apparaissent
entre mâles et femelles ainsi qu'au cours des saisons (importance
des fluctuations thermi-ques).
- une occupation de l'espace variable selon les individus (distances,
directions de migration et taille des quartiers) ainsi qu'une fidélité
spatiale des adultes, tandis que les animaux les plus jeunes (en
particulier des mâles de moins de 5 ans) montrent une plus grande
instabilité.
- l'existence de mouvements de migration allers-retours entre la
population d'origine et le site à coloniser, pouvant expliquer la
lenteur des processus de colonisation. Ces déplacements semblent
plutôt le fait d'individus mâles, qui précèderaient l'arrivée des
femelles à l'origine de l'implantation pérenne de la nouvelle population.
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